Fabien CADY, permanent à Interco 49, défenseur syndical et …

J’ai débuté ma carrière professionnelle en 1996 dans la fonction publique hospitalière, au CHU d’Angers. J’ai ensuite bifurqué dans la territoriale en 2006 au Conseil Départemental de Maine-et-Loire. En 2018, j’ai été muté à la Communauté de Communes Loire Layon Aubance pour y exercer des missions de DRH.

J’ai été sollicité par Emmanuel, militant bien connu de la section CFDT d’Angers. Manu me connaissant, sachant qu’un poste de permanent était inoccupé depuis décembre 2018, m’a donc proposé de rencontrer l’équipe dirigeante du syndicat. Mes connaissances et mon expérience RH de presque 20 ans étaient une réelle opportunité pour le syndicat.

J’ai ainsi pu m’entretenir avec Anne, Mylène et Patrice lors d’un entretien. Nous avons échangé tous les quatre sur le profil du poste, sur les fonctions qui me seraient attribuées. C’est spontanément que j’ai accepté de venir travailler pour Interco 49. Je suis en décharge d’activité de service à temps complet. La décharge d’activité de service me permet d’être à disposition du syndicat, je suis toujours rémunéré par ma collectivité et celle-ci est remboursée intégralement par le centre de gestion.

Cela a été un gros bouleversement, car quand on travaille en RH on est plus souvent en face des syndicats qu’avec les syndicats, même si ce n’est absolument pas ma conception du fonctionnement des ressources humaines dans une administration ou entreprise : pour moi la gestion des ressources humaines intègre les décideurs que sont les élus et directions, les techniciens que sont les équipes RH et les syndicats dont leur place est légitime pour le dialogue social.

Le principal changement a été de passer d’organisations organisées, hiérarchisées, structurées à une structure où les personnes bénéficient d’une très grande autonomie dans leurs missions. Cela a été accentué parce qu’on s’est retrouvé confiné en raison du COVID  trois mois après mon arrivée.

A contrario, les relations que j’ai avec mes collègues permanents au sein du syndicat, ma volonté d’accompagner les adhérents dans leurs difficultés, de travailler pour défendre l’intérêt général des agents publics m’ont convaincu de m’engager totalement pour Interco 49.

J’ai un mandat de défenseur syndical, qui était une des prérogatives à mon arrivée au syndicat. Avec mes notions juridiques de base, j’ai suivi une formation auprès de la fédération Interco et ai été agréé défenseur syndical. Cela me permet d’ester au tribunal administratif pour accompagner les agents.

Mais avant d’arriver à ce dernier recours, je suis convaincu que la discussion et la négociation, dès lors qu’il y a une difficulté entre un employé et son employeur, sont à privilégier pour résoudre le problème. À mon sens le recours au tribunal administratif se fait vraiment en dernière nécessité.

Mon contrat de défenseur syndical a débuté le 1er janvier 2021, mais dès 2020 j’ai eu à accompagner des adhérents. Voici quelques chiffres liées à mon activité de référent juridique :

  • 23 sollicitations annuelles en moyenne venant des adhérents  :  ruptures conventionnelles, suivi dossiers médicaux et fins de droits, discipline, droits statutaires.
  • 10 sollicitations annuelles en moyenne venant du syndicat ou des sections syndicales : analyse de contentieux, conseil statutaire sur des situations individuelles, analyse et conseil sur des dossiers de comité social territorial.
  • 30 actes pré-contentieux (demandes préalables / recours gracieux) : discipline, reconnaissance d’accident de travail ou maladie professionnelle, reconnaissance de congé de longue maladie, rémunération, reclassement statutaire.
  • 6 recours déposés au tribunal administratif : discipline, versement d’allocation de retour à l’emploi, reconnaissance de maladie professionnelle.

Au quotidien, je réponds aux questions juridiques ou statutaires de nos adhérents. Nous sommes aussi sollicités par des agents de collectivités, une première réponse leur est apportée et si nécessaire un accompagnement est proposé, nécessitant bien entendu une adhésion.

Je fais partie de la commission communication qui a en charge la réalisation de la lettre d’information mensuelle, de la mise à jour de notre site internet. Je fais également vivre la page LinkedIn d’Interco 49.

J’accompagne trois équipes d’élus en CST depuis les élections professionnelles de décembre 2022 (commune d’Ombrée en Anjou, commune de Segré en Anjou bleu, Communauté de Communes Anjou Loir et Sarthe). Je suis référent au sein de l’équipe de permanents Interco sur les territoires des Communautés de Communes Segré en Anjou Bleu, des Vallées du Haut-Anjou et Anjou Loir et Sarthe.  Je tiens une permanence mensuelle à la bourse du travail de Segré en Anjou Bleu (le 2ème mercredi de chaque mois).

Enfin, je suis membre du Conseil syndical qui est l’organe politique du syndicat Interco 49.

Quand je suis arrivé au syndicat j’ai aussi découvert l’univers interprofessionnel. Les contacts avec des  interlocuteurs venant d’horizons professionnels divers et variés est très enrichissante et apporte énormément à la CFDT.

Depuis le 1er janvier 2023, à la suite d’une mission de diagnostic sur le fonctionnement RH, j’ai été mandaté en qualité de responsable ressources humaines de l’URI CFDT des Pays de la Loire. L’URI CFDT des Pays de la Loire, c’est vingt salariés et une trentaine de personnes mises à disposition. J’effectue cette mission à mi-temps sur mon temps de décharge d’activité de service.

Cette mission est très riche car l’URI a fusionné ses structures départementales et régionale en 2019. En parallèle il me semble qu’il est nécessaire de professionnaliser les missions ressources de la structure, pour pouvoir optimiser son fonctionnement. Je suis amené à me déplacer régulièrement sur l’ensemble du territoire régional, notamment à Nantes où travaille Noria, assistante en ressources humaines.

En dehors de cette mission RH, j’ai pu au cours du premier semestre 2023 m’investir fortement dans l’organisation des manifestations liées à la réforme des retraites. Ces moments stimulants m’ont permis de découvrir une solidarité et une véritable entraide entre les syndicats.

Il y a seulement cinq ans, on m’aurait dit que je serais en 2024 en activité professionnelle auprès du syndicat CFDT Interco, je ne l’aurais pas cru ! Non que mes appétences sociales m’en auraient empêchées, mais j’étais dans un environnement professionnel RH où on n’est pas nécessairement en lien avec l’environnement syndical tel qu’on le vit à la  bourse du travail.

Être actif au syndicat m’a permis de me libérer et de confirmer ma volonté de travailler pour les autres, dans un univers à la fois distant mais aussi proche des RH. Cela m’importe beaucoup de pouvoir répondre aux questions des adhérents pour les accompagner dans leur défense dès lors qu’au niveau syndical on considère qu’il y a une injustice et que le droit n’est pas respecté.

L’activité syndicale m’a également permis de m’enrichir fortement humainement et de travailler avec des personnes qui vous apportent au quotidien. C’est toujours comme ça que j’ai conçu ma façon de travailler : à mon sens on s’épanouit au contact des autres, autant d’un point de vue professionnel que social, mais surtout humain.

J’ai encore un certain nombre d’années à travailler et, au jour d’aujourd’hui, je ne me vois pas les faire en dehors de la CFDT !

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