
Questions à Ingrid CLÉMENT, Secrétaire Générale de la fédération Interco CFDT. A ce titre, elle est impliquée dans la concertation pour le futur projet de loi sur la Fonction Publique.
Ingrid, que sait-on sur le contenu de la loi sur la fonction publique à venir ?
Pour l’instant, nous n’en connaissons que les grands axes. Le Ministre a choisi d’appeler cette loi « Efficacité de la Fonction Publique ». Ce titre sonne comme une provocation, avec les premières annonces de Stanislas GUÉRINI qui a parlé de faciliter le licenciement dans la fonction publique et de développer la prime au mérite.
Au fil des rencontres, les services ministériels ont développé de nombreux sujets :
– faciliter l’entrée dans la fonction publique : est-ce simplifier les concours pour les agents ayant déjà un diplôme spécifique ? ou développer encore le recrutement de contractuels ? Dans ce 2è cas, faut-il craindre pour l’avenir de notre statut ?
– mieux gérer les parcours professionnels : on y parle d’assouplir les règles de promotion interne, mais aussi de supprimer les catégories A, B et C, pour quel avantage pour les agents ? La simplification souhaitée par le Ministère du recours au CDI laisse aussi craindre, à nouveau, une déstabilisation du statut.
– mais aussi amélioration de l’évaluation professionnelle, prime au mérite, …. Mais peu d’info sur une refonte des carrières et des grilles indiciaires, qui devrait se discuter à part, mais sans calendrier à ce jour…
Et beaucoup de ces sujets ne nécessitent pas de passer par une loi. Cela donne l’impression que le ministre veut « remplir » une « grande loi » en évitant les négociations avec les organisations syndicales…
La loi reprendra aussi la transcription de l’accord national pour la prévoyance dans la fonction publique territoriale, accord qui comprend de réelles avancées pour les agents territoriaux, et ce sera source d’ambiguïté pour nous, car nous avons intérêt à ce que cette partie de la loi sorte vite !
Justement, quelle sera la stratégie de la CFDT ?
Il faut que nos équipes comprennent que nous ne négocions rien : le ministre l’a refusé, il ne met en place qu’une concertation. Il présente au fur et à mesure, et avec beaucoup de scoop puis de reculades, ses idées. Les organisations syndicales argumentent, indiquent leur position et amènent leurs propres idées sur le sujet. Mais au final, nous ne serons pas invités à signer quoi que ce soit.
La loi s’imposera. La CFDT a donc déjà présenté ses propositions sur les thèmes abordés. Contrairement à d’autres syndicats, nous refusons la politique de la chaise vide. Nous serons toujours présents face au ministre et aux employeurs publics, pour pousser nos idées de progrès pour les agents publics.
Faut-il s’attendre à un mouvement de grève?
A la fin, lorsque le projet de loi sera finalisé, ce sera peut-être nécessaire, si le projet est inacceptable. Nous devrons aussi aller rencontrer les députés et sénateurs pour porter nos idées. Ils peuvent amender la loi, et l’on sait que le passage à l’Assemblée nationale n’est pas simple pour le gouvernement qui n’a pas la majorité !
