
Aux élections de décembre 2022, Interco 49 est arrivé en tête des suffrages au Comité Social Territorial (CST) du Centre de Gestion (CdG) de Maine-et-Loire. Huit élus CFDT y siègent. Interview de Bernadette, Danielle, Françoise et Bruno, les 4 titulaires…
Vous êtes investis en tant que représentants du personnel CFDT au CST du Centre de Gestion 49. Pouvez-vous nous rappeler comment fonctionne cette instance ?
Bruno et Danielle : Toutes les communes et établissement publics du département du Maine-et-Loire qui emploient moins de 50 agents (titulaires ou contractuels de droit public) sont rattachées au CST du CdG. Elles doivent donc lui soumettre pour avis tous les dossiers de réorganisation des services, de règlement intérieur, de mise en place ou modification de régime indemnitaire… en résumé tout ce qui touche à l’organisation collective du travail, mais également le temps de travail individuel : les modifications passent aussi au CST.
Bernadette : Cela comprend également la santé et la sécurité des agents, ces sujets-là sont vu en F3SCT : Formation Spécialisée pour la Santé, la Sécurité et les Conditions de Travail (l’ancien CHSCT).
Françoise : Nous avons 4 à 5 réunions par an, avec à chaque fois de très nombreux dossiers.
Qu’est-ce qui vous a conduit à être candidat sur cette liste CFDT du CST ?
Danielle : Au cours du mandat précédent, on m’a appelée pour compléter l’équipe des représentant du personnel au CdG, qui diminuait en raison de la création des communes nouvelles (les représentants CFDT partaient dans le CST de leur commune, qui passait à plus de 50 agents). Cette 1ère expérience m’a donné envie de m’investir et de me présenter sur ce mandat, pour me mettre au service des agents, défendre au mieux leurs droits.
Françoise : C’est le syndicat qui m’a contactée. Dans mon établissement (une résidence autonomie) nous n’avions pas d’infos, ça a été une complète découverte. Avant on était rattaché au CST de Noyant-Village, mais depuis décembre 2022, le CCAS est rattaché directement au CdG.
Bruno : Sylvie, ma femme, est militante CFDT depuis longtemps, donc forcément j’en entendais beaucoup parler. Je suis arrivé aussi en cours de mandat comme suppléant, finalement je suis devenu titulaire, ce qui a facilité ma participation aux réunions car mon employeur me libérait difficilement. J’avais aussi envie d’élargir mon horizon, de sortir de ma toute petite mairie.
Bernadette : Interco m’a sollicitée pour monter une liste CFDT pour le CST de ma collectivité. Mais elle est passée sous le seuil des 50 agents, elle a du rejoindre le CST du CdG, et moi, la liste CFDT au Centre de Gestion ! Les agents des petites collectivités ne se sentent pas trop représentés. Donc c’est important d’intégrer une équipe active, pour que les agents aient accès à leurs droits, que des représentants les défendent.
Comment voyez-vous votre rôle dans ces instances ?
Danielle : Nous sommes là pour la défense d’agents de petites communes, voire très petites… En s’impliquant, on comprend mieux comment fonctionne le dialogue social, les collectivités. Il y a trop de dossiers à chaque séance, mais on essaie d’avoir une ligne de conduite équitable, de lire chaque document. C’est très intéressant, ce que j’apprécie c’est la diversité des collectivités, sur tout le département.
Bruno : Comme Danielle, je suis là pour défendre les collègues. En instance, on est d’égal à égal avec les élus et légitimes grâce à l’élection. Dans ce mandat l’équipe CFDT, étoffée, renouvelée, s’est plus affirmée, parfois les élus nous suivent : ce sont des victoires ! Il faut dire que nous travaillons nos dossiers, sans doute plus que les élus. On relève parfois des points qu’ils n’avaient pas vus.
Mais on est un peu limité par le temps : il y a trop de dossiers à chaque instance. On essaie aussi de faire passer l’info aux agents, lors de tournées dans les petites collectivités. Quand je rencontre des adhérents, je leur dis : vous avez besoin de nous, on a besoin de vous, pour vous investir et peut-être un jour prendre notre suite !
Bernadette : Être représentante du personnel, ça m’engage, ça me rend responsable vis-à-vis des collègues qui ont majoritairement voté CFDT. Pour moi c’est une découverte. C’est une instance paritaire, c’est intéressant : les élus défendent leur point de vue et échangent avec nous.
Françoise : Comme je découvre complètement ce mandat, je trouve que ce n’est pas simple, il faut trouver sa place. Même dans ma collectivité, on me dit que je ne suis pas « représentante du personnel ». Ma direction découvre aussi ce fonctionnement des instances du Centre de Gestion !
Danielle : Certains élus, nos directions ont tendance à ne pas reconnaitre notre légitimité, il faut se battre dans nos établissements, nos collectivités.
Après 16 mois de mandat (2023-2026), quel bilan tirez-vous de celui-ci ?
Danielle : Il y a plus d’échanges entre les élus et nous. Peut-être que chacun reconnait l’apport de l’autre, il y a des réflexions pertinentes de chaque côté. Parfois des élus nous suivent sur certains dossiers, sont plus dans le dialogue… Les élus ont vu que nous travaillons les dossiers à l’avance, et certains veulent s’engager aussi.
Françoise : C’est vrai. Dernièrement, nous avons étudié pas mal de dossiers pour l’attribution de la PEPA (prime exceptionnelle de pouvoir d’achat), on a réussi à faire voter les élus comme nous, par exemple contre le projet d’une collectivité qui mettait un même niveau de prime pour tous, ce qui n’est pas le sens de la PEPA.
Bruno : C’est positif, on arrive à parler et on nous écoute. On arrive aussi à s’entendre avec les autres organisations syndicales, on va souvent dans le même sens, ce qui nous donne de la force.
Bernadette : Il y a beaucoup de dossiers, ça nécessite du temps, et j’aime bien comprendre. Notre présence permet de donner la parole aux agents, qui sont un peu isolés. C’est frustrant de ne pas assez les rencontrer.
Bruno : Étant en plus permanent au syndicat, je fais des distributions de tracts, je rencontre des collègues. C’est très satisfaisant quand on a des adhésions, quand des agents décident d’agir pour leurs droits.
Françoise : D’un point de vue des thèmes, on voit beaucoup de réorganisations de services, de changements des horaires…
Bernadette : Les collectivités présentent aussi la refonte de leur règlement intérieur, ce sont des dossiers un peu lourds, il y a aussi beaucoup de délibérations concernant les ASA – autorisations spéciales d’absences (jours pour mariage, décès, enfants malades…). Pour la mise en place de Compte Épargne Temps, on vote contre si la délibération ne prévoit pas de possibilité de monétiser les jours. Mais les collectivités ne bougent pas vraiment sur ce point.
Danielle : Sur les dossiers « ASA », on a réussi à faire un peu évoluer certaines collectivités. Il y a régulièrement des dossiers de revalorisation ou de création de régimes indemnitaire. Par contre, pas grand-chose sur la participation des employeurs aux dépenses de prévoyance et mutuelle.
Bruno : Nous devons donner un avis pour le changement de durée du temps de travail individuel : on voit beaucoup de demande concernant des agents à temps non complet, sans savoir s’ils sont vraiment d’accord, si on leur a présenté les conséquences d’une baisse du temps de travail (par exemple, en dessous de 28h/semaine on change de caisse de retraite et les conditions d’arrêts maladie sont moins bonnes). On vote contre les baisses de temps de travail quand l’avis de l’agent n’est pas clairement exprimé.
Vous évoquiez en début de discussion la F3SCT …
Bernadette : Enfin, il y a les séances de F3SCT : on regarde attentivement les accidents du travail. Les échanges avec le médecin du travail qui siège sont très intéressants.
Danielle : A chaque accident où il n’y pas de Document Unique d’Évaluation des Risques Professionnels (DUERP), que la collectivité a obligation de rédiger, on le relève. Le Maire a encore plus de responsabilités s’il y a un accident et qu’il n’a pas mis en place le DUERP pour diminuer les risques !
Bruno : On n’a pas encore obtenu de faire des visites de collectivités où les agents nous disent travailler dans de mauvaises conditions, mais on va continuer à réclamer. Car c’est une compétence de la F3SCT !
En dehors des instances du CdG, comment êtes-vous investis auprès d’Interco 49 et de la CFDT en général ?
Françoise : Pour l’instant je me contente du CST, et de développer du dialogue social dans mon établissement : la nouvelle directrice est partante, on va travailler sur les avancements de grade. Je suis aussi en contact avec les agents de Noyant-Village, car je travaille sur ce secteur, je parle de la CFDT autour de moi !
Bruno : Pour le syndicat, je suis membre du conseil du syndicat, secrétaire de la section des adhérents directs (tous ceux qui ne sont pas rattachés à une section CFDT locale), je me rends disponible pour rencontrer les adhérents. Je suis permanent et fais régulièrement des tournées dans les petites collectivités, mais le département est grand ! Je suis engagé à l’Accueil de Proximité Interprofessionnel CFDT à Cholet, membre de la commission développement CFDT sur le Choletais et formé pour négocier des protocoles d’accord pré-électoraux dans le privé. Je siège à la CAP du centre de Gestion, en conseil de discipline, et je suis vice-président du Comité d’œuvres Sociales 49.
Bernadette : Je siège au conseil du syndicat, à la CAP du Centre de Gestion. J’essaie aussi de participer à des webinaires de la CFDT, sur des sujets professionnels ou sociétaux… Par exemple la semaine à 4 jours, l’Europe… Je parle aussi de la CFDT autour de moi.
Danielle : Avec une collègue, j’ai créé une section CFDT pour les agents du Centre de Gestion. On avance peu à peu. On a réussi par exemple à faire afficher les avis du CST sur les panneaux officiels. Je siège à la CAP, au conseil médical pour les dossiers d’agents de catégorie A : parfois cela nécessite du temps d’écoute des collègues…

nices!! 89La lettre d’info Interco 49 N°28 : juillet 2024