Non, sur l’enfance, l’Anjou n’est pas un exemple !

Après lecture de l’article paru le 13 janvier 2025 dans le Courrier de l’Ouest, notre syndicat Interco CFDT 49 et sa section CFDT du Département 49 souhaitent apporter des précisions sur la mise en œuvre de la protection de l’Enfance dans notre département.

Nous avons été très surpris, voir choqués par le titre et le contenu de cet article.

En effet, en novembre dernier, à l’occasion de la tenue des Assises nationales des Départements de France qui ont eu lieu à Angers, nous avons manifesté et interpelé les élus du Département et la presse afin d’alerter sur la situation critique de la prévention et de la protection de l’enfance. Prévention de l’enfance qui se trouve embolisée par le manque de professionnels mais surtout par le manque de lieux d’accueil pour les enfants confiés à l’Aide Sociale à l’Enfance, mission départementale.

En juin 2022, nous avions déjà fait en Maine et Loire un mouvement pour alerter sur cette situation qui perdure depuis des années. A l’époque, 200 places de lieux d’accueil manquaient. En septembre 2023, nous avons rencontré la Présidente du Département 49 afin de partager nos inquiétudes : nos élus partageaient nos constats mais, malgré de nouvelles créations de lieux d’accueil, cela n’a pas suffi à enrayer la problématique.

A ce jour 361 enfants confiés au Département de Maine et Loire sont en attente de lieu d’accueil effectifs (222 enfants en attente d’un accueil et 139 enfants en attente d’un Placement Educatif à Domicile) et sont laissés chez leurs parents de longs mois malgré leur besoin de protection constaté et acté par les juges des enfants. Cela ne fait qu’accentuer le mal-être des enfants et entraine une recrudescence de la violence chez ces derniers, liée souvent à des pathologies psychiatriques plus nombreuses chez les jeunes enfants. Ce phénomène vient, selon nous du défaut de prévention et de protection de ces derniers. A cela s’ajoute le manque de places en pédopsychiatrie et donc un défaut de soin.

Fin 2024 : plus de 3000 enfants mineurs sont accueillis dans le 49 sur décision judiciaire.

En amont, les enfants en difficulté dans leur famille attendent de longs mois, voire plusieurs années une aide éducative à domicile qui pourrait éviter un placement des enfants si ce travail était réalisé dans les meilleurs délais.

Cela entraine par la suite des situations de violence parfois ingérables dans les établissements et chez les assistants familiaux accueillant des enfants si perturbés. Cela provoque une situation telle que plus d’une centaine d’enfants sont accueillis dans des lieux non adaptés (hôtels, gites, dispositifs relais avec des changements de lieux d’accueils quasi hebdomadaires).

Les professionnels sont à bout car ils font part depuis longtemps de leur mal-être face à leur impossibilité de prévenir ces situations et de protéger les enfants.

Dans les Maisons Des Solidarités, depuis plus de 10 ans les personnes accueillies, en difficulté, sont de plus en plus nombreuses : + 7% ponctuellement et + 20% en accompagnement soutien parentalité, budget, logement, insertion. Cela sans augmentation de personnel de proximité.

Comment peut-on faire dans ces conditions un travail de prévention efficient ?

Et le Département 49, au lieu de créer des postes suffisants, en supprime faute de moyens financiers et cela sans aucune volonté de transparence : 30 postes gelés en 2024 dans notre collectivité dont 7 dans le secteur social. En 2024, pendant plusieurs mois, faute de budget suffisant, les interventions de travailleuses familiales au titre de la prévention, ont été pour beaucoup, suspendues, laissant les parents démunis et leurs enfants sans accompagnement de proximité.

Début 2025, nous apprenons que 9 postes d’agents évaluateurs-coordonnateurs vont être supprimés suite à la dénonciation de la convention entre de Département et la CARSAT car ils n’arrivaient déjà pas à respecter les délais légaux de traitement des dossiers de prise en charge des personnes âgées et handicapées.

Enfin, une vague de licenciement est prévue d’ici la fin mars 2025 de 10 agents « vacataires » depuis une vingtaine d’année auprès des services de la PMI (Protection Maternelle et Infantile) : 2 psychologues et 8 psychomotriciennes qui intervenaient régulièrement dans les salles d’attente des consultations nourrissons pour effectuer avec les professionnels de l’enfance un délicat et indispensable travail de dépistage et de prévention.

Le dispositif d’accueil d’urgence des enfants en danger est inopérant depuis des années faute de places.

Les familles d’accueil sont en nombre insuffisant et épuisées, faute d’accompagnement suffisant.

Dans ce contexte, les agents des MDS, de la PMI et les éducateurs de prévention sont en difficulté pour exercer leurs missions de prévention car ils sont eux aussi sollicités pour pallier les manques de moyens des services de protection.

Les moyens en ressources humaines au service de protection de l’enfance du Département sont insuffisants. La proportion de personnel précaire et inexpérimenté est élevée. Le turnover des agents est important. Les tâches administratives impactent de plus en plus l’action éducatives des travailleurs médico-sociaux.

Tout cela entraîne chez les agents œuvrant dans le social, un épuisement, une perte de sens de leur travail, des burn-out et un sentiment d’échec à accomplir leurs missions.

Au vu de tous ces constats, nous ne pouvons qu’espérer que le Département de Maine et Loire ne soit pas pris en exemple en matière de prévention et protection de l’enfance !

Nous voulons qu’une prise de conscience collective amène les élus et l’Etat à donner des moyens pour l’Enfance, à la hauteur des besoins réels.

Le syndicat Interco CFDT de Maine et Loire et sa section CFDT Département.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *